BCG : DEJA CONTROVERSE EN 1938 ,

de nombreuses victimes dans son sillage

 

Docteur BELLET,

34 Route Nationale

LE HAVRE, GRAVILLE , 

 

Le Havre, le 25 Août 1938

 

Mon cher confrère ,

 

Ne pouvant vous adresser toutes mes observations sur le BCG, je vous envoie seulement celles qui concernent des enfants décédés.Je vous les ai recopiés dans l'ordre où elles ont été communiquées à l'Académie de Médecine, vous laissant le soin de les classer dans les chapitres que vous avez établis.Je vous mets cependant à part les cas de mort brusque. Je vous les envoie tous, pour qu'on ne puisse parler, comme la commission du BCG m'a répondu , de pure coïncidence.Je tiens à souligner que la grande majorité de mes observations se rapportent à des enfants placés en nourrice aussitôt après leur naissance, et par conséquent, soustrait à leur milieu familial.Permettez moi de vous rappeler les conclusions auxquelles je suis arrivé :Le BCG est inefficace, il n'a pas l'innocuité proclamée et il est susceptible d'être dangereux.

  1. Chez les enfants nés de parents tuberculeux, le BCG n'empêche pas la maladie d'évoluer, parce que déjà tuberculisés héréditairement par le virus filtrant, ils sont en état d'allergie quand le vaccin leur est administré.
  2. Chez les enfants nés de parents sains, le BCG peut immédiatemment déterminer un choc mortel, ou provoquer par son retour à la virulence des troubles graves susceptibles des décès brusques ou même des morts subites.
  3. Le BCG n'améliore pas la santé des enfants. Beaucoup de ceux qui ont été vaccinés restent débiles et contractent, autant que les autres enfants, les maladies communes à leur âge.Si certaines statistiques( en admettant qu'elles soient exactes) ont pu paraitre favorables, c'est que les enfants observés ont été surveillés ou placés dans de meilleurs conditions d'hygiène et d'alimentation. Dans mon service d'enfants du premier âge, soumis à la surveillance, la mortalité des enfants non vaccinés n'est pas supérieure à celle annoncée par le BCG.Ce qui entretient l'erreur, c'est que la presque totalité des médecins, sages femmes ou infirmières ayant administré le BCG, ne suivent jamais les enfants vaccinés. Au cours de leurs visites, les docteurs ne s'informent pas si l'enfant malade a été vacciné au BCG. En cas de décès, ils établissent un certificat de décès sans s'en enquérir. C'est pendant de longues années que les praticiens devraient exercer la surveillance des enfants vaccinés pour se rendre compte si le BCG ne prédispose pas dans l'avenir à d'autres maladieset si, à l'occasion d'une affeciton ultérieure ou d'un affaiblissement de l'organisme, il ne récupère pas sa virulence.Or ce qui m'inquiète ce n'est pas tant l'effet immédiat des vaccins , mais leurs conséquences lointaines. Comme l'écrivait le prof. RICHET, : " Etant données les modifications que les injections de toxines et anatoxines diverses font subir à la contexture délicate et changeante de nos humeurs, qui sait si l'organisme , devenu immun pour certaines affections, ne sera pas devenu plus sensible pour d'autres ?"Les vaccins et sérums ne devraient être que des procédés d'exception , à employer dans des cas graves et désespérés.Dans les maladies, "le germe n'est rien, c'est le terrain qui est tout". Le rôle du médecin devrait être de fortifier le terrain, de favoriser l'immunité naturelle en rendant l'individu plus résistant, plus apte à se défendre. Il faut supprimer les taudis, encourager les sports modérés, en conseillant d'éviter tout surmenage physique ou moral, mais il faut savoir s'arrêter à temps. Le sport intensif mène souvent à la tuberculose ou au surmenage du coeur. L'hygiène mal comprise, si on en fait une chasse ridicule contre le microbe, loin de nous prémuniser contre lui, affaiblit notre pouvoir d'immnisation naturelle. En nous attachant à tout stériliser, nous avons cessé de nous habituer aux germes du dehors, et à la moindre infection, nous sommes victimes des précautions excessives que nous avons cru devoir prendre. Un animal peut impunément manger les plus repoussantes saletés sans être incommodé ; mais nous, nous ne pouvons plus absorber un aliment un tant soit peu altéré sans être malades.Ménageons donc notre organisme. Qui sait si les vaccinations préventives, pratiquées dans les casernes , ne sont pas cause des grandes épidémies qu'on y observe? Qui sait si nos méthodes curatives sont sans influence sur l'extension observée des maladies mentales? Le Dr HERICOURT a fait remarquer que les syphilis nerveuses, presque inconnues jadis chez les indigènes de nos colonies, étaient devenues plus fréquentes depuis l'application de nos traitements intensifs. Qui sait si les bouleversements qu'elles apportent dans nos humeurs n'ont pas leur part de responsabilité dans l'aliénation ? Le Dr CHAVANON ne soutient il pas que l'anatoxine tue, rend idiots nombre d'enfants chaque année ? Qui sait, même, si la vaccine, qui n'est en somme qu'un virus variolique atténué, n'a pas contribué à la généralisation de la tuberculose? La variole n'a t elle pas toujours été considérée comme prédisposant à la tuberculose?De redoutables points d'interrogation s'imposent donc à nous. Ils devraient nous faire réfléchir sur les conséquences de nos méthodes, et ne nous faire jamais oublier le vieux précepte :Primum non nocere.Cette prudence aurait dû guider nos grands pontifes dans l'application du BCG. Mais ils ont persévéré diaboliquement dans leurs erreurs. Puissiez vous réussir mieux dans le courageux mais ingrat combat que vous avez engagé !Je serais heureux que vous vouliez bien communiquer mon dossier du BCG au Dr CHAVANON, afin qu'il sache à quel degré de cécité et de surdité certains sont arrivés dans cette question.Veuillez agréer, mon cher confrère, l'assurance de mes meilleurs sentiments,

 

Docteur BELLET

 DECES CONSTATES ( BCG )

 

  • Observation I : Enfant Suzanne E.., placée en nourrice dès sa naissance, et par conséquent en dehors de la famille, chez Mme L..., 57 rue de M...., ayant reçu le BCG après sa naissance, est décédée à douze mois , le 13 juillet 1929, à l'Hospice général, de septicémie ( tuberculose infectieuse généralisée).L'enfant, née d'un père mort tuberculeux, et que j'ai suivie chez la nourrice avant que son état ne s'aggrave, était tuberculeuse avérée. Très chétive, amaigrie, n'ayant pas d'appétit, toussant constamment, elle avait une otite double suppurée et présentait de multiples et gros abcès ganglionnaires.
  • Observation II : Enfant Raymond V..., placé en nourrice chez Mme M..., 12 rue des Ir..., en dehors de la famille. Ayant reçu le BCG après la naissance, est décédé à sept mois de méningite. Il était faible, toussait beaucoup et était soigné comme tuberculeux par le Dr M...., qui lui avait fait du sérum de Quinton et avait averti la famille qu'il redoutait la méningite.
  • Observation III : Enfant Henri G..., Tours , resté dans le milieu familial, a reçu le BCG après sa naissance. Très débile, je lui ai donné fréquemment des soins. Il a constamment fait de la bronchite et de l'entérite, et est mort de méningite tuberculeuse en douze jours à neuf mois. Le père est mort tuberculeux.<p> </p>Observation IV : Enfant Renée A..., 101 rue M.., ayant reçu le BCG après la naissance est décédée à dix huits mois le 30 septembre 1930, de broncho pneumonie double en quatre jours.

 

  • Observation XVIII : Enfant Jacques K..., 62 rue A.-Ag. , vacciné au BCG après sa naissance sur l'instigation de la sage femme, est pris, quatre à cinq heures après l'absoption de la première dose, de crises d'étouffement et de vomissements noirâtres. La nuit suivante, il est pris des mêmes troubles, et , en même temps, de convulsions des membres. Le médecin de nuit appelé conseille de ne pas lui faire absorber les deux autres doses. Dans la suite, je suis cet enfant comme médecin de la famille. Il est chétif amaigri et a de l'entérite chronique. Ultérieurement, il survient une gibbosité symptomatique du mal de Pott et meurt à huit mois de méningite. Les parents sont bien portants et le fils aîné qui n'a pas reçu le BCG, est d'une bonne santé.

 

  • Observation XIX : Enfant Odette F.., née le 22 mars 1931 à la Maternité, placée en nourrice le 10 avril chez Mme P...rue de la R ..et par conséquent en dehors du milieu familial, a reçu le BCG après sa naissance. L'enfant est faible, athrepsique, a de la gastro entérite. Le 24 mai, la nourrice la trouvant malade, le Dr P.. qui fait le diagnostic de la phtisie galopante, la fait entrer à l'hospice général. Elle y meurt le 26 mai. Le certificat établi par le Dr St...indique comme cause de décès : méningite tuberculeuse.

 

  • Observation XL : Ginette Ch. .., 26 passage M.., née le 7 avril 1931, a reçu le BCG après naissance à la Maternité. Enfant très chétive, athrepsique, a eu à six mois la coqueluche qui a duré plus de trois mois (malgré neuf injections de sérum anticoquelucheux!) est actuellement atteinte de bronchite généralisée et de faiblesse générale. Le 18 février l'état s'aggrave : l'enfant amaigrie, cachectique, présente des râles crépitants dans toute l'étendue des deux poumons, a une dyspnée intense, les yeux fixes, des convulsions. Elle meurt le 20 février de phtisie aiguë, avec réaction méningée.

 

  • Observation XLI : Enfant Claude C., chemin de la S...., né le 10 juin 1929, ayant reçu le BCG après sa naissance et a un an, a toujours été maladif, a fait de la rougeole, de la varicelle, de la broncho pneumonie, et, depuis les premiers mois de sa naissance, n'a cessé d'avoir de l'otite suppurée. A été soigné comme tuberculeux à la campagne. Revenu ici avec la coqueluche, il fait de la broncho pneumonie. Amaigri, cachectique, son état s'aggrave et le 24 février 1932 , il est pris d'une violente dyspnée, est cyanosé, a la figure bouffie, les yeux révulsés, fait des convulsions. Il meurt ce 24 février dans la soirée, de catarrhe suffocant et de méningite.

 

  • Observation XLIII : Enfant Marie L. 20 rue de M...., née le 18 juin 1931, a reçu à la Maternité, après sa naissance, le BCG. Le 21 février 1932 au soir, l'enfant , bien portante jusqu'à ce moment est prise subitement d'oppression et la mère fait appel au médein de nuit qui diagnostique une broncho pneumonie. Les deux jours suivants, l'oppression augmente et l'enfant a des convulsions . Je suis appelé le 24 février. L'enfant cyanosée, présente des râles sous crépitants et du souffle dans toute l'étendue des deux poumons, a le regard fixe. Elle meurt le soir, en moins de trois jours, de broncho pneumonie et de méningite. Les parents ne toussent pas et sont bien portants.

 

  • Observation LI : Enfant B.. Georgette, rue de la Victoire, a juste quatre mois et vingt jours , née de parents bien portants, est décédée le 19 août 1932 d'entérite et de méningite. L'enfant avait reçu le BCG les premiers jours de la naissance, et était restée chétive depuis.

 

  • Observation LIII : Enfant Pl.. André, chemin Lebaudy, âgé de sept mois cinq jours, a reçu le BCG à la Maternité; après avoir eu pendant quelques jours des convulsions, il meurt le 20 août 1933 d'entérite et de méningite.

 

  • Observation LII : Enfant B...Pierre, 14 rue du Sorbier, âgé de vingt et un jours, a reçu le BCG à la Maternité. Il meurt en deux jours le 19 août 1932 d'entérite aiguë sans avoir été malade auparavant.

 

  • Observation LV : Enfant R... Denise, 24 rue Lamoignon, née le 7 septembre 1932, a reçu le BCG les premiers jours de la naissance. Athrepsique, affaiblie, elle est l'objet de nombreuses injections de sérum de Quinton. Après avoir fait plusieurs bronchites successives, elle meurt de broncho pneumonie tuberculeuse le 14 avril 1933.

 

  • Observation LXV : Ch.. Marcelle, née le 30 mars 1933 en nourrice chez Mme B. .. rue de Balzac , ayant reçu le BCG, est atteinte de tumeur blanche au genou gauche . Envoyée à l'hospice général, elle y meurt le 14 janvier 1934 de méningite tuberculeuse.

 

  • Observation LXVI : C... Mireille, née le 13 juin 1933, placée chez Mme B...rue de Balzac, ayant reçu le BCG à la naissance est prise le 11 décembre 1933, de dyspnée intense et envoyée à l'hospice général; elle y meurt le lendemain. Le certificat de décès dressé par le Dr B.., porte : broncho-pneumonie tuberculeuse.

 

  • Observation LXVIII : Enfant S.., 48, route Nationale, a reçu le BCG à la naissance. Le 7 janvier 1934, à l'âge d'un mois, elle est prise subitement, la nuit, d'une violente dyspnée avec fièvre intense (41°) ; on observe du souffle dans toute l'étendue des deux poumons. Des bains synapsés, des inhalations d'oxygène, des injections d'huile camphrée paraissent conjurer le mal et le lendemain, la température est de 39,9°C. Les jours suivants, elle tombe à 37°C, pour remonter ensuite à 39,5°C. Rien du côté de l'appareil gastro-intestinal. Parfois, le regard fixe; les yeux sont révulsés, mais il n'y a pas de raideur dans la nuque. Pendant deux mois, l'enfant continue à faire des poussées de température avec fortes rémission, sans que nous puissions, le Dr V... et moi, en découvrir la cause.

Elle parait lutter contre une infection, puis elle redevient normale, grossit, ne tousse pas, digère bien; c'est une belle enfant. Cinq mois après, le 27 août au matin, je suis appelée de nouveau. L'enfant a une nuit agitée. Elle est fortement oppressée et présente de la respiration soufflante au sommet des poumons. La température est de 41,2 °. Vers deux heures de l'après-midi, je suis rappelé d'urgence: l'enfant a la respiration précipitée, et baigne dans une sueur froide. La température est de 42,2°. Au bout d'une heure, elle meurt d'une congestion pulmonaire suraîguë. Ce décès constitue un nouveau cas de mort violente, pouvant être attribué à un retour de la virulence du BCG.

  • Observation LXX : Enfant Rémy Cl... né le 7 juillet 1934. Après avoir reçu le BCG à la Maternité, il est placé en nourrice chez Mme Pl...., rue de la Gauti, en dehors du milieu familial. C'est un enfant très faible, athrepsique. Il est l'objet de quatre séries de sérum de Quinton. Il parait mieux aller, quand le 11 août 1934 , à minuit, il est pris de convulsions et meurt à huit heure du matin. Le médecin traitant, le Dr G.... indique comme cause de décès : méningite tuberculeuse. Il faut désinfecter la chambre occupée ar l'enfant. Le grand-père, gazé de guerre, est tuberculeux.

 

  • Observation LXXI : Enfant Raymond D.. né le 27 novembre1932, rue de la S..., a reçu le BCG du dispensaire Brouardel. C'était un bel enfant, pesant à la naissance 4kgs 500. Vers trois mois et demi, il est atteint d'entérite, puis de broncho-pneumonie double très grave, à la suite de laquelle il est pris de convulsions le 24 avril 1933 et meurt le lendemain soir à l'âge de cinq mois. Le médecin traitant, le Dr C.., attribue le décès à la méningite tuberculeuse. Les parents se portent bien.

 

  • Observation LXXIII : Enfant L..Marie, 9 rue de la Cl..., née le 10 septembre 1934, a reçu les trois doses de BCG, à la naissance. Elle a toujours été faible et a été, à de nombreuses reprises, l'objet d'injections de sérum de Quinton. A l'âge de neuf mois, le 9 juillet 1935 , elle est prise de diarhées et de vomissements, le 10 juillet vers quatre heures de l'après midi, elle présente des convulsions répétées et meurt vers sept heures du soir. Le Dr N..., revenu dans la soirée, se montre surpris de ce décès si brutal et l'attribue à de la gastro-entérite et à la méningite. Le père est bien portant. La mère, il y a cinq ans, a subi un examen radiscopique au dispensaire Bronorat, concluant aux deux sommets voilés. Elle a eu huit enfants: les sept autres survivants se portent bien et n'ont eu aucune maladie. Seul est mort des huit enfants celui ayant reçu le BCG. Il est probable que la gastro-entérite et la méningite, dont il est décédé , sont de nature tuberculeuse et que l'enfant était débile. Ce cas parait rentrer parmi ceux déjà rapportés par nous d'enfants nés de parents tuberculeux et chez lesquels le BCG n'a pas empêché la tuberculose d'évoluer, parce qu'ils étaient sans doute déjà tuberculisés héréditairement. Mais il convient, d'autre part, de remarquer que seul, des huit enfants, l'enfant décédé a reçu le BCG et, s'il n'y a pas eu de transmission héréditaire, il s'agit vraisemblablement d'un retour à la virulence du BCG.

 

  • Observation LXXX : Georgette GL... placée en nourrice chez Mme A... , née le 21 août 1937, a été vaccinée au BCG aussitôt après la naissance. Atteinte de débilité générale, elle est morte d'athrepsie le 12 avril 1938.

 

DECES BRUSQUES – MORTS SUBITES

 

  • Observation V : Enfant Paulette C. , dix mois, placée en nourrice chez Mme D. Rue des Fr.... , en dehors de la famille, ayant reçu le BCG après sa naissance, est retrouvée mourante dans son lit le 15 octobre 1930 à six heures du matin, elle est presque inerte et meurt cinq minutes après. Elle n'avait pas été malade les jours précédents; pourtant, la veille, elle avait eu des soubresauts nerveux de courte durée. Le Dr G, appelé pour constater le décès, l'attribue à une méningite foudroyante. L'enfant était faible, avait de l'eczéma , et de l'otite suppurée.
  • Observation VI : Petite fille de Mme R ... ,rue de C.... , ayant reçu le BCG après sa naissance, et à un an, meurt brusquement à quinze mois, la nuit, en une heure, sans avoir été malade auparavant. Le médecin, appelé, ne s'explique pas le décès et l'attribue à de la péritonite. Mais, au dire des parents, l'enfant ne paraissait pas souffrir et avait les yeux révulsés. Née de parents sains, non tuberculeux, l'enfant avait été vaccinée au BCG à la demande de la famille.<p> </p>Observation XX : Enfant Marguerite V..., rue de J ... dix jours le 25 février 1931 est trouvée morte le matin dans son lit, sans avoir été malade auparavant. Elle avait reçu la troisième dose la veille, après-midi. Le Dr H... refuse le permis d'inhumer, et je suis requis comme médecin de l'état civil, pour indiquer les causes du décès. Aucun signe apparent permettant de le faire, et les parents, accusant le BCG, une autopsie est ordonnée. Les deux médecins commis par le parquet trouvent une congestion totale des deux poumons, et une légère persistance du trou de Botal, à laquelle ils attribuent la mort. Cette conclusion est peut être vraisemblable, mais selon nous, il y a plutôt une probabilité qu'une certitude; l'enfant n'ayant présenté, pendant les 10 jours qu'elle a vécu, ni étouffement, ni spasmes, ni cyanose de la face, ni aucun autre signe symptomatique de la maladie bleue. Le corps, dix heures après le décès n'était violacé que dans sa partie inférieure, jusqu'à la moitié de l'abdomen. Il y en tous cas, entre le décès brusque et l'absoption du BCG, une coincidence troublante.

 

  • Observation XXI : Enfant Josiane L .. 34 rue de L...née le 19 août 1931 est décédée subitement à quinze jours, le 3 septembre 1931. Elle avait reçu à la maternité, après sa naissance, les trois doses du BCG . C'était un beau bébé, bien portant; la veille et les jours précédents, il n'avait eu aucun malaise. Dans la nuit, vers deux heures , la mère lui donne le sein et ne constate rien d'anormal. Vers six heures, elle entend l'enfant tousser légèrement. A sept heure moins le quart elle se lève et trouve l'enfant morte, ayant le côté droit du corps violacé Appelé à constater le décès dans l'après midi, je ne trouve rien qui puisse expliquer ce décès si brusque . Il y a un peu de mousse à la bouche et le corps est violacé. Je conclus à une mort subite.

 

  • Observation L : D. Jean, né le 31 juillet 1932, est décédé subitement le 12 août 1932, à l'âge de treize jours . L'enfant avait reçu à la Maternité les trois doses règlementaires de BCG. Placé en nourrice le 8 août chez Mme X..., rue de la Mare-Rouge, il se portait très bien. Dans la nuit du 11 au 12 août , la nourrice entend l'enfant se plaindre légèrement. Quand elle se lève, vers 6 heures et demie, elle le trouve mort, cyanosé, la mousse à la bouche. Il s'agit donc d'une mort subite, à rapprocher de celles que nous avons déjà rapportées.

 

  • Observation LXI: Enfant L. Lionel, né le 20 octobre 1933, à la Maternité. Après avoir reçu le BCG, il est placé en nourrice, en dehors de la famille, chez Mme Pl, rue de la G.. L'enfant, les premiers mois, se portait très bien, ayant seulement de temps en temps quelques troubles dyspeptiques. Vers six mois et demi, il est atteint de rougeole suivie de multiples abcès cutanés pour lesquels il est pansé au dispensaire Gibert. Environ un mois après, le 4 juin 1934 , sans paraître malade la veille, il est pris, à sept heures du matin, de convulstions répétées et meurt au bout de deux heures. Le Dr M., appelé d'urgence, conclut à une méningite foudroyante.
  • Observation LXXII : Henry Plenec, chemin Lebaudy, né le 6 février 1935, a reçu les trois doses règlementaires du BCG. Il n'a jamais été malade, sauf qu'à l'âge de deux mois, il a été pris, pendant la nuit, d'une crise d'étouffement. Le 10 mai, il sort avec sa mère, est tout à fait bien portant. Au retour, la mère le couche, souriant. Vers quatre heures et demie du matin, elle se lève. Le père lui dit: " Le petit a bien dormi cette nuit, on ne l'a pas entendu" . La mère va au berceau et trouve son enfant mort, déjà froid. Aucun cri, aucun gémissement n'a été entendu par les parents. Je constate le décès; l'enfant a de la mousse aux lèvres, le corps est violacé. Il y a lieu de se demander si la crise d'étouffement survenue un mois auparavant n'a pas été comme l'ébauche de ce qui s'est réalisé finalement d'une façon si brutale.

 

  • Observation LXXXI : M.., Ch..., né le 21 février 1938, a reçu le BCG deux jours après sa naissance , est placé chez Mme Ch...20 rue B.., le 23 février. La première nuit, la nourrice entend l'enfant se plaindre. Le 25 février, à sept heures du matin, l'enfant est pris d'un malaise général. Il est d'une pâleur cadavérique et d'une sueur profuse traversant complètement son maillot. Ce malaise dure au moins vingt minutes . Le 26 au matin, je revois l'enfant: 39,5°C de température.Il a passé une mauvaise nuit. A plusieurs reprises, il a été pris d'accès d'étouffements, gémissant, se débattant, tournant les yeux. Quand je le vois, l'enfant a la bouche ouverte, la respiration bruyante, extrêmement rapide. Il semble appeler l'air; il donne l'impression d'avoir une compression de ses voies respiratoires trachéales ou laryngée, et, pourtant, on ne trouve rien à l'auscultation, rien dans la gorge. Le 27, la température est de 38°C; l'enfant parait mieux, les crises d'étouffements moins fortes. Le 28 , l'enfant a encore quelques accès d'oppression, mais il s'affaiblit, ne peut prendre que très difficilement quelques cuillèrées de lait et n'a plus que 36°C de température. Il meurt comme épuisé. Cette mort rapide est à rapprocher des morts violentes signalées précédemment , mais il semble qu'il y ait eu là lutte plus prolongée de l'enfant vis à vis du BCG.

Toutes ces morts violentes, impressionnantes, me paraissent être l'effet d'un choc déterminé par le BCG, ou de son retour à la virulence. Tous ces décès, qui devraient troubler, je pense, la conscience d'un honnête praticien, ont été communiquées à l'Académie des Sciences. Mes neuf observations ne m'ont valu que cette réponse que : " mes observations n'étaient que le résultat de coïncidences, et qu'il était permis de penser que j'étais tombé sur une série particulièrement malheureuse, car on n'avait signalé rien de semblable dans les divers pays où des milliers d'enfants ont ingéré le BCG!

Signé MARFAN" Dr Bellet

 

Pour que le lecteur comprenne toute l'importance des observations du Dr Bellet, voici ce que me répondait, au début de 1936, le Dr Adrien LOIR, neveu de Louis Pasteur et Directeur du Bureau d'Hygiène du Havre:

 

République FrançaiseMairie du Havre

BUREAU MUNICIPAL D'HYGIENE

le Havre, le 16 janvier 1936

 

Mon cher Confrère ,

 

Je vous remercie beaucoup de votre lettre, elle est très intéressante. Mais je ne m'occupe que de la fièvre thyphoïde et vous comprendrez que cela est suffisant. J'ai lu votre lettre à un des médecins du Bureau d'Hygiène, le Dr BELLET ; il a une grosse clientèle d'enfants, une consultation des nourrissons, il est probablement , en France, le médecin qui a le plus de protégés de la loi Roussel ( 150 enfants )Il demeureau 34, route Nationale, au Havre, il va vous écrire. C'est un très bon et très honnête clinicien. J'espère vous voir un de ces jours et vous prie d'agréer l'assurance de mes sentiments cordiaux et dévoués

 

Adrien LOIR

 

Le Professeur Jules Regnault écrit, page 73, du numéro de mars 1938 de la Côte d'Azur Médicale :

                    "Dans les trois premiers cas où j'ai eu connaissance de l'application du fameux BCG, dont deux dans des familles médicales suggestionnées par la réclame officielle, il y a eu trois morts par méningite tuberculeuse... Et dans un cas, dans une Maternité, on avait donné le fameux BCG, malgré l'interdiction formelle exprimée par la mère, à laquelle on répondit ensuite : "C'est d'un usage courant; nous donnons toujours et systématiquement le BCG" et l'enfant est mort de méningite tuberculeuse. "

 

Une de mes malades, Melle Solange V.. , m'écrit le 27/01/1944:

 

"Malheureusement, j'ai pu très rapidement constater que vos observations sont bien exactes. D'abord, un bébé de huit jours, vacciné au BCG, décédé d'une méningite quelques jours plus tard, puis maintenant, un enfant d'un an, piqûre antidyphtérique; à la seconde piqûre, diphtérie puis otite, et pour achever néphrite, l'enfant, très mal, urine du sang. Une de mes collègues a perdu , il y a trois ans, un bébé de deux mois. Une méningite l'a emporté. Le docteur traitant s'est obstinément refusé à en donner les causes; à toutes les questions des parents, la réponse : " Je ne peux rien vous dire". L'enfant avait été vacciné avec le BCG. Avant le vaccin, il se portait très bien; aussitôt après, des troubles digestifs sont apparus pour aller en augmentant jusqu'à la méningite fatale"

 

En 1946, le journal des Praticiens rappelle une publication de Mme Roudinesco à la séance du 3 mai 1946 de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, relatant un cas de rhumatise tuberculeux type Poncet qu'elle estime réalisé de façon quasi expérimentale, attendu qu'il est apparu quelques jours après vaccination par le BCG en scarification.

 

Le 02/10/1948 , le Concours Médical analyse une publication du Professeur FERRU ( de Poitiers ) à la séance du 18/06/1948 de cette même société : "Un cas d'adénopathie cervicale bilatérale évoluant à la manière d'une écrouelle, chez un nourrisson né et vivant dans un mileu apparemment exempt de tuberculose. Il croit pouvoir attribuer au BCG, qui a été administré par voie buccale, dans les dix premiers jours de la vie, cette réaction ganglionnaire isolée, dont le pus contenait exclusivement quelques rares Bacilles de Koch après homogénéisation. " 

 

Dans la Revue Médicale de Suisse Romande, (25 décembre 1927) le Professeur J. TAILLENS a publié une observation intitulée : Mort par méningite tuberculeuse d'un enfant vacciné au BCG

Il s'agit d'un enfant de 6 mois,vacciné avec le BCG buccal dans les premiers jours de la vie, fils d'un père tuberculeux pulmonaire depuis 1921, n'ayant jamais vécu qu'à distance de son père ( qui ne le voyait que de loin en loin et ne l'avait jamais tenu, ni embrassé ) et qui meurt de méningite quelques jours après son admission à la cliniqie infantile de Lausanne. La cuti- réaction est positive, le liquide céphalorachidien renferme 200 éléments par mm3. L'auteur conclut : " il n'y a que deux possibilités, ou bien la vaccination par le BCG n'a pas protégé l'enfant contre la tuberculose, ou bien elle la lui a donnée.  

Dans le Monde Médical du 15 septembre 1936, le Dr G. JOUVE BALMELLE écrivait , au sujet du BCG : " Pourquoi cette obstination magistrale à nier l'évidence qui , tôt ou tard, s'imposera à tous ? Pourquoi cet ostracisme dont certains représentants de la science académique veulent frapper les observateurs qui élèvent des critiques et ont le courage de leurs opinions? Sommes-nous, médecins praticiens, de simple exécuteurs obligés d'appliquer servilement les méthodes officielles sans avoir le droit de les étudiers, de les apprécier, de les discuter ?".

 

De Montigny protestait lui aussi dans la Côte d'Azur Médicale, de février 1937, page 33, en ces termes : " Dans la Côte d'Azur Médicale, revue indépendante, dès le début on a mis en garde contre la pression officielle exercée en faveur du vaccin BCG et contre ses dangers. Dans les premiers cas que j'ai connus, il y a eu, après emploi du BCG , trois morts par méningite tuberculeuse, et dans deux cas, dans des familles médicales. "

 

Dans les Acta Tuberculosea Scandinavie ( t. 20 fasc. 2-4 , 1946, pages 136-137, 2 fig.) S. Lomholt ( de Copenhague) publie l'observation d'un garçon de 16 ans, vacciné au BCG sur la région deltoïdienne, rapidement suivi d'une ulcération atteignant 6 X 7 centimètres en 6 mois et prétendant toutes les caractéristiques d'un lupus. Après un semblant de guérison par l'acide pyrogallique, il y eut une rechute et il fallut faire de la finsenthérapie.

 

Intéressant aussi, cet extrait de la communication faite le 15 mai 1928 à l'Académie de Médecine,, par le Professeur J. Lignières : "Pour ma part, me basant sur mes expériences et aussi sur celles de M. CALMETTE et de ses collaborateurs, j'affirme que le vaccin BCG pullule à l'endroit où il a a été inoculé; qu'il envahit l'organisme par le système lymphatique ; qu'il y reste des mois ; qu'il produit toujours une hypertrophie ganglionnaire et parfois de petites lésions même dans les organes; que ces manifestations sont assez souvent accompagnées d'hyperthermie.

   

 

En conséquence, je considère que le BCG n'est pas aussi anodin que M. CALMETTE l'admet, ni que son application soit aussi banale qu'on semble le croire. " 

 

LOIS D'OBLIGATION VACCINALE

Depuis janvier 2018, selon la date de naissance, les enfants sont soumis à des vaccinations différentes. Sauf contre-indication médicale, les vaccinations sont réclamées pour l'entrée en collectivités (crèches, assistantes maternelles, école...). Les sanctions spécifiques prévues pour la non-vaccination ont été supprimées et les parents ont un délai de 3 mois après l'admission pour régulariser la situation. Ainsi, on peut légalement repousser tous les vaccins jusqu'à l'entrée en collectivités.






Enfants nés avant 2018

Ils sont soumis au seul DTP (Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite). Mais ce vaccin trivalent seul n'existe plus sur le marché pour les enfants de moins de 6 ans. Les parents restent bloqués face à une obligation qu'ils ne peuvent pas satisfaire malgré l'injonction du Conseil d'Etat de fournir ce vaccin. Les nouvelles lois n'ont donc pas réglé le problème que vit la France depuis de nombreuses années.

Enfants nés à partir de 2018

 Ils sont soumis aux vaccins suivants : Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche, Haemophilus influenza de type B, Hépatite B, Pneumocoque, Méningocoque C, Rougeole, Oreillons et Rubéole, à faire selon le calendrier vaccinal. Mais les délais accordés pour l'admission en collectivité permettent de ne pas le suivre rigoureusement.



Les lois étant complexes et assez floues, l'interprétation est plutôt ardue. Vous trouverez plus de renseignements ICI.

                                                                                         ECRIVEZ-NOUS :  COURRIEL                                                                                

 



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