un bon pasteur?


Cet article est extrait de l'ouvrage "Un bon Pasteur ? " rédigé par Marc Avérous (chapitre 6).

 

Son livre est le résultat de longues et passionnantes recherches dans l'histoire et la découverte des microbes, qu'on ne doit pas à Pasteur contrairement à ce que veut la croyance populaire, mais à Antoine Béchamp.. Des découvertes et des faits historiques corrélées par des témoignages (notamment le neveu de Pasteur, André Loir), mais aussi par les nombreuses notes et correspondances de Pasteur et autres nombreuses références bibliographiques et historiques.

 

LA RAGE

Simultanément à l’étude du vaccin anticharbonneux, le laboratoire de Pasteur travaille sur un vaccin contre la rage.

La « méthode » reste la même. Ce qui nous est enseigné dans la tradition scolaire est inexact: les travaux qui ont mené à l’invention du vaccin contre la rage n’appartiennent pas à Pasteur, mais à Pierre-Victor Galtier, professeur à l’École Vétérinaire de Lyon.

 

L’idée de Galtier est d’entreprendre une espèce de course contre la montre pendant la période d’incubation de la maladie. Dès que l’on s’est assuré qu’un sujet mordu par un animal enragé présente un danger de rage, on le vaccine, profitant de l’efficacité du vaccin avant que la maladie, à développement lent, ait eu un impact sur le système nerveux. La technique consiste à pratiquer une série d’injections de virus atténués, commençant par des doses extrêmement faibles, suivies par de plus virulentes, jusqu’à donner aux malades des injections mortelles. C’est ce que Galtier expose dans une note qu’il adresse à l’Académie des Sciences le 15 aout 1879.

Il multiplie ses expériences. Dès 1880-1881, il découvre que le virus ne se développe pas dans le sang et il vaccine avec succès plusieurs espèces animales en inoculant directement le virus dans les veines. Il n’ose cependant pas étendre ses expériences à l’homme; il juge que ce procédé, qui emploie des virus vivants, est hasardeux et dangereux.

Pasteur est au courant des avancées de Galtier par les Annales de l’Académie des Sciences. Il publie en 1879 une note dans laquelle il qualifie les expériences de Galtier de « précieux travail », ce qui ne l’empêche pas de le critiquer sévèrement. En 1880, en compagnie de Chauveau, il va visiter le laboratoire Lyonnais et, peu de temps après, reprend à son compte les idées qu’il a d’abord contestées.

Le point de vue obsessionnel de Pasteur est - nous l’avons vu au sujet du charbon - d’inoculer un germe VIVANT, atténué par l’action de l’oxygène de l’air. Un de ses collaborateurs, le docteur Roux, qui deviendra plus tard le successeur de Pasteur à la tête de son institut, développe une méthode qui consiste à cultiver le virus sur une moelle de lapin infesté qu’il atténue par séchage à l’air. Intègre et désintéressé à cette époque, il estime comme Galtier trop important le danger d’un essai sur l’homme avec un procédé aussi incertain. Pasteur reprend personnellement les essais de Roux.

En 1885, on amène au laboratoire Pasteur le jeune Joseiph Meister, mordu, dit-on, par un chien enragé. Il présente de légères morsures au majeur de la main droite et aux cuisses, à travers le pantalon.

Il est indispensable de savoir, pour éclairer l’histoire de cette première vaccination contre la rage, la manière dont cette maladie est transmise à l’homme par la morsure d’un animal. On estime, et Pasteur lui-même admettait que 86% des personnes mordues par un chien que l’on sait sûrement enragé ne contractent pas la maladie. Or, du chien qui mord Meister, on n’en sais rien. On craint pour la santé du jeune homme, on le vaccine. Il ne contracte pas la maladie. Voilà le fait brut. 

 

Résultat?

Dès que Pasteur présente à l’Académie de médecine son premier et unique essai de vaccination les 26 et 27 décembre 1885, c’est le délire. Vulpian déclare avec Emphase: « La rage, cette maladie terrible contre laquelle toutes les tentatives thérapeutiques avaient échoué jusqu’ici, a enfin trouvé son remède !"   Méconnaissant les travaux de Galtier , il affirme que Pasteur « n’a eu dans cette voie aucun précurseur que lui-même. Avec cette méthode, affirme-t-il, on peut empêcher à coup sûr le développement de la rage chez un homme mordu par un chien enragé. »

 

On reste confondu devant de telles affirmations.

 

Et il les répète. Il répète « à coup sûr » alors que l’expérience n’a été fais que sur un seul sujet et ne prouve qu’une chose: c’est que les injections répétées de Pasteur au jeune Meister ne l’ont pas tué sur le champ.

 

On doit le souligner de nouveau: on ne sait pas si le chien était enragé . Et quand bien même il le serait, la maladie ne se déclare pas dans la plupart des cas de morsure. Ceci, n’empêche pas les trompettes de sonner immédiatement le fan-club du savant, acceptant d’emblée la découvertes:

 

« Nous avons le droit de dire que la date de la séance - 27/12/1885 - qui se teint en ce moment restera à jamais mémorable dans l’histoire de la médecine. .. À partir d’aujourd’hui, l’humanité est armée d’un moyen de lutte contre la fatalité de la rage et de prévenir ses sévices. Cela, nous le devons à M. Pasteur et nous ne saurions avoir trop d’admiration et de reconnaissance pour les efforts qui ont abouti à un si beau résultat. »

 

Un seul académicien, le docteur Michel Peter, médecin (à l’instar de Pasteur qui n’est qu’apprenti-chimiste) et clinicien réputé (il est l’élève préféré de Trousseau), prononce des paroles de bon sens:

 

« Comment vous, M. Vulpian, vous, médecin, n’avez-vous pas vu que le cas du petit Meister ne prouvait rien ? Un seul cas étant de nulle signification en thérapeutique et le petite Meister pouvant bénéficier des 5 chances sur 6 que nous avons de ne pas devenir enragés après une morsure rabique ».

 

Nous avons le devoir aujourd’hui de le redire.

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Le cas du second inoculé est encore plus contestable. Le chien qui mord un jeune berger, Jupille, n’est pas enragé (1). Pourtant encore, on fera un tel bruit autour de ce second essai qu’il semblera de bon goût de dresser une statue de Jupille à l’entrée de l’Institut Pasteur.

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Et la vaccination se généralise avec un nombre d’accidents importants. Il est impossible de dire, devant un décès par la rage après vaccination, si la maladie a tué malgré la vaccination, ou si la mort est due à la vaccination elle-même. Peter, voyant le nombre de morts augmenter en France au fur et à mesure des pratiques pasteuriennes, est formel. Il écrit, statistiques en mains: « Monsieur Pasteur ne guérit pas de la rage, il la donne » . (2)

 

Il y a la mort de la petite Pelletier, une fille de 10 ans, après quelques jours de traitement.

 

Surtout, il y a le décès dramatique d’Edouard Rouyer, un garçon de dix ans, lui aussi mordu au bras par un chien inconnu à travers le pardessus. D’après les statistiques mêmes de l’Institut Pasteur, la morsure d’un chien sûrement enragé cause statistiquement la maladie mortelle dans 3 à 5% des cas seulement quand cette morsure est faite à travers les vêtements. Or, on ignore même si le chien est enragé ou non. On est certain seulement qu’aucune autre morsure de personne n’a été observée alentour. Il est donc très probable, pour ces raisons, que le jeune Edouard Rouyer n’ait pas contracté la rage du tout.

 

Pasteur est en villégiature sur la Côte d’Azur, donc André Loir le représente. Des inoculations antirabiques sont faites au jeune garçon pendant douze jours. Il décède. Le père porte plainte, accusant le vaccin d’avoir tué son enfant. Un médecin de l’État-Civil refuse le permis de l’inhumer. Loir se retrouve devant un commissaire de police qui l’accompagne chez le Procureur de la République. Une autopsie est demandée. Loir obtient qu’elle soit pratiquée par Brouardel et Grancher , du laboratoire  de Pasteur, deux fidèles. Le docteur Roux demande que soit prélevé le bulbe de l’enfant. 

Lorsque l’autopsie est terminée, « Grancher me mit en voiture avec mon précieux flacon (contenant le prélèvement de bulbe de l’enfant) pour me laisser retourner auprès de Roux. Il était livide. «  écrit Loir. Il a reconnu à l’examen les marques de la rage du lapin et non de celle du chien. La cause ne peut donc être que la vaccination pratiquée par le laboratoire Pasteur. 

 

Roux inocule deux lapins avec les prélèvements du bulbe de l’enfant. Ils meurent de la rage. Roux et Brouardel pourtant décident de dire devant la justice que ces tests sur lapin sont négatifs et que l’enfant n’est pas mort de la rage, mais d’une crise d’urémie. À l’Académie de médecine, où la vaccination contre la rage est attaquée, Brouardel en défend longuement la pratique. Il affirme encore faussement que les inoculations des lapins ont été négatives. Tous ceux qui connaissent la vérité sont très tourmentés. 

 

Loir se rend sur la Côte d’Azur prévenir Pasteur et lui rendre compte des détails de l’affaire; " Contrairement à ce que Madame Pasteur et moi redoutions, écrit-il, mon récit ne lui causa aucun trouble. Il s’apitoya sur la fin de l’enfant, mais garda toute sa sérénité pour ce qui concernait la méthode de traitement." 

___

Il y a aussi l’affaire des Russes de Smolensk qui, mordus par un chien enragé, viennent à Paris se faire inoculer. Malgré (?) le traitement, ils meurent dans des souffrances atroces. Aussi l’Académie de médecine se divise-t-elle entre les « pro » et les « anti ». Malgré le rapport déclaré négatif concernant l’autopsie du jeune Rouyer, Peter continue à attribuer la mort de l’enfant à l’inoculation du vaccin. Il présente à l’Académie d’autres cas de morts après vaccination où le diagnostic de la rage ne peut être nié. Le traitement par le vaccin de Pasteur, souligne-t-il, n’a pas diminué le nombre de morts par la rage en France. Pasteur publie alors des statistiques fantaisistes, ce qui donne lieu à une joute verbale dans la presse (nous avons déjà cité Le Figaro). Devant le désastre, Roux décide de reprendre l’étude du vaccin. C’est lui qui met la touche finale au vaccin dit « de Pasteur ». 

Mais ce vaccin est lui-même peu à peu abandonné. Dès 1935, une statistique de l’Organisation d’Hygiène de la Société des Nations (l’OMS de l’époque) indique que, sur 304 525 vaccinés contre la rage:

 

-38 659 le furent par le vaccin Pasteur

 

-47 814 par des vaccins chauffés, dits de Babès (chauffage à 56° étudiés par Toussaint)

 

-159 440 par des vaccins phéniqués, dits de Fermi (contenant de l’acide phonique, suivant une méthode également due à Toussaint; même antiseptique, même concentration)

 

Dès cette époque donc, plus des deux tiers des vaccins utilisés contre la rage proviennent de méthodes mises au point par Toussaint. Depuis, le vaccin dit « de Pasteur » a été de plus en plus délaissé au profit de ceux qui utilisent l’un ou l’autre des procédés de Toussaint.

Pour terminer, il faut dire que Galtier reçut pour sa découverte un prix de 5 000 francs. Alors que Pasteur, pour l’application de cette écourte à l’homme (à Joseph Meister), reçut une « récompense nationale » de 2 millions de francs d’alors, récoltés par souscription nationale. 

 

NB: un autre médecin, italien celui-là, Carlo Ruala, fit, comme le docteur Michel Peter en France, la même constatation dans son pays; plus on inoculait, plus on avait de cas de rages. Voici la lettre ouverte qu’il a rédigée à l’époque sur ce sujet:  Comment peut on dire qu'en Italie il y a 3000 guérisons de rage par année, quand, dans l'Europe, il ne se produit en une année pas même 1000 cas de rage ?  la lettre

 

 

 

 

Référence: 

 

(1) Nous renvoyons à l’étude exhaustive faite in: Annales Internationales Claude Bernard (A.I.C.B.) N°5, pp 173 et suivantes 

 

(2) Voir ses articles dans Le Figaro de l’époque

Bonus: La méthode Pasteur décrite et analysée par le Dr Constentin James en 1887.

Que ferait-il en cas de morsure ? "Tout ce qu’il faut faire, nettoyer et cautériser la plaie. Mais l’inoculation… Pourquoi s’échiner à tuer le virus en amont si, en aval, je me l’injectais, devenant alors porteur du germe que je veux éradiquer.."

 

Livre ancien: "Monsieur Pasteur, sa méthode intensive : lire

 

 

LOIS D'OBLIGATION VACCINALE

Depuis janvier 2018, selon la date de naissance, les enfants sont soumis à des vaccinations différentes. Sauf contre-indication médicale, les vaccinations sont réclamées pour l'entrée en collectivités (crèches, assistantes maternelles, école...). Les sanctions spécifiques prévues pour la non-vaccination ont été supprimées et les parents ont un délai de 3 mois après l'admission pour régulariser la situation. Ainsi, on peut légalement repousser tous les vaccins jusqu'à l'entrée en collectivités.






Enfants nés avant 2018

Ils sont soumis au seul DTP (Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite). Mais ce vaccin trivalent seul n'existe plus sur le marché pour les enfants de moins de 6 ans. Les parents restent bloqués face à une obligation qu'ils ne peuvent pas satisfaire malgré l'injonction du Conseil d'Etat de fournir ce vaccin. Les nouvelles lois n'ont donc pas réglé le problème que vit la France depuis de nombreuses années.

Enfants nés à partir de 2018

 Ils sont soumis aux vaccins suivants : Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche, Haemophilus influenza de type B, Hépatite B, Pneumocoque, Méningocoque C, Rougeole, Oreillons et Rubéole, à faire selon le calendrier vaccinal. Mais les délais accordés pour l'admission en collectivité permettent de ne pas le suivre rigoureusement.



Les lois étant complexes et assez floues, l'interprétation est plutôt ardue. Vous trouverez plus de renseignements ICI.

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